Une Si Belle DIFFERENCE

Méthode Padovan

Historique

Dans les années 1970 Béatriz Padovan, pédagogue et orthophoniste brésilienne, a mis au point une méthode globale de Réorganisation Neuro-Fonctionnelle basée sur la récapitulation de l’ontogénèse motrice et sensorielle.

Au début de sa carrière, Mme Padovan est enseignante au niveau du primaire à l’école Rudolf Steiner de Sao Paulo. Très vite, elle est interpellée par le fait que certains de ses élèves présentent des troubles de l’apprentissage (à cette époque, les pathologies telles la dyslexie étaient mal connues). Elle investit alors beaucoup de son temps afin de mieux comprendre ces enfants. C’est grâce à ce suivi très rapproché qu’elle s’aperçoit que la plupart d’entre eux présentent également des difficultés dans des domaines autres que l’apprentissage scolaire, comme par exemple : l’expression corporelle, la rythmique, l’orientation spatio-temporelle, la coordination motrice fine, la relation aux autres… Souvent, Béatriz consacra du temps à ces enfants-là, en dehors du temps scolaire, réinventant des histoires, d’autres manières d’expliquer.

Malgré ce qu’elle appelait « la meilleure pédagogie du monde », malgré tout le génie pédagogique personnel qu’elle pouvait mettre en œuvre, les difficultés persistaient. Béatriz faisait l’expérience de la limite entre la pédagogie et la thérapie. Elle quitte donc l’enseignement, retourne aux études et devient orthophoniste. Puis elle enseigne l’orthophonie aux orthodontistes de l’Université de Sao Paolo où elle étudie en même temps l’orthodontie et la neurologie pendant 6 ans. Durant cette période, Mme Padovan s’intéresse aux travaux de Rudolf Steiner sur l’interrelation entre les trois activités exclusivement humaines (marcher – parler – penser).

Ce fût une conférence de R.Steiner (1861-1925) intitulée « Marcher, Parler, Penser » qui la mit sur la voie. Dans cette conférence, R.Steiner décrit ces trois étapes des trois premières années de la vie comme essentielles pour toute la vie de chaque être humain ; mais surtout il mentionne leur inter-relation : l’étape du ‘marcher’ prépare l’étape du ‘parler’ et l’étape du ‘parler’ prépare l’étape du ‘penser’.

En orthophonie traditionnelle, Béatriz prit conscience qu’elle rééduquait les difficultés du langage par des exercices liés au langage. Si cela améliorait certaines déviances, beaucoup d’autres persistaient, comme si seul le symptôme était soigné sans atteindre la cause. Béatriz décida alors de se pencher sur l’étape qui précède la parole : l’apprentissage de la marche.

C’est alors qu’elle rencontra les travaux d’un neuro-chirurgien américain Temple Fay (1895-1963). Celui-ci avait fait un tour du monde avec une caméra pour observer les différentes phases de l’apprentissage de la marche chez les enfants de différents pays. Il observa alors que tous les enfants du monde parcouraient les mêmes étapes, avaient les mêmes ‘patterns’ pour cet apprentissage. Seuls des principes d’éducation restrictifs ou des obstacles internes à l’enfant (handicap) empêchaient certains enfants de vivre ces étapes. Temple Fay répertoria cette succession de patterns de base et mis en place un programme de rééducation.

Béatriz Padovan, à partir de ces observations scientifiques, y ajouta son génie de pédagogue. Elle proposa dans une seule séance une récapitulation de ces mouvements de base. Elle y apporta le rythme thérapeutique par excellence en accompagnant chaque mouvement par des poèmes, des comptines ou des chansons.

A cette récapitulation des mouvements de tout le corps elle adjoignit ce qui fût sa propre recherche à partir de la maturation des fonctions de la bouche : pour parler, nous utilisons la même neuro-musculature que pour manger et respirer. Selon elle, l’étape du « Parler » sera aussi améliorée par la récapitulation des mouvements de base liés aux fonctions de la bouche, c’est-à-dire : la respiration, la mastication, la succion et la déglutition. D’autant plus que ces fonctions neuro-végétatives sont également reconnues comme étant des fonctions pré-linguistiques.

Toute cette réorganisation se complète par une récapitulation du développement de la main et de l’oeil. Par les poèmes et les comptines, le sens de l’ouïe est aussi stimulé. Si la (le) thérapeute se relie au sens de la parole, du verbe, en laissant sonner tout son instrument corporel par sa voix, une récapitulation de l’ontogénèse sonique peut aussi être apportée.

L’une des surprises que rencontra Béatriz Padovan et les praticiens de la méthode fût de s’apercevoir qu’avec ce travail non seulement le langage était amélioré, mais aussi d’autres éléments inattendus. Les parents observent : il ne fait plus pipi au lit ; il est moins agressif ; il est plus présent à ce qui l’entoure ; il écrit mieux (alors qu’on ne fait pas de pages d’écriture) ; il devient gai ; il s’organise mieux dans son travail ; il s’oriente plus facilement pour aller en ville…

Toutes ces adaptations à la vie quotidienne faisaient souvent défaut, mais on en parlait pas parce que moins visibles qu’une inversion de lettre ou qu’un défaut de prononciation. Toutes sont liées au processus de maturation neurologique. Elles deviennent efficientes dès que le système nerveux reçoit des stimulations adéquates.

Elle met donc au point après 20 ans de recherches et d’expérimentations, une approche thérapeutique globale du développement « neuro-sensoriel » mieux connu sous le nom de « Méthode Padovan ». Les quinze dernières années de recherche scientifiques ont mis en évidence les notions de « maturation neurologique » et de « neuroplasticité ». Notre système nerveux n’est pas achevé à la naissance. Les cellules étant là, tout le réseau de communication entre elles est intimement lié aux stimulations sensorielles et affectives qui vont permettre ou non la création de connections entre elles. Ces données scientifiques viennent confirmer ce que R.Steiner disait aux pédagogues au début du XXème siècle.

Elle enseigne sa méthode appuyée sur des écrits en pédagogie de R.Steiner, sur les travaux en neurologie de Temple Fay et sur les recherches scientifiques actuelles…

Aujourd’hui les progrès de la science concernant la régénération du système nerveux (neuro-plasticité) enrichissent et confirment la méthode Padovan…

« La théorie selon laquelle tout meurt et rien ne se régénère dans le système nerveux a maintenu une grande partie des scientifiques et thérapeutes loin de l’étude et de l’utilisation des récupérations céphaliques. On sait aujourd’hui qu’il existe plus de plasticité au niveau du système nerveux de l’adulte ou de l’enfant que l’on ne pensait autrefois. »

Nelson Francisco Annunciato, BrésilConférence sur la neuro-plasticité de Lyon, septembre 1990

Chaque garderie d’enfant sait, entre autre, que les organes des sens sont inachevés chez le tout-petit enfant et que c’est en fonction de ce que l’oreille perçoit que celle-ci achève de se former, en fonction de que l’oeil voit qu’il se mature. D’où le soin particulier donné à l’atmosphère ‘sensorielle’ des jardins d’enfants Steiner : la musique est donnée par un instrument ou par la voix de la gardienne et non par une cassette enregistrée. Les couleurs, les odeurs, le toucher, toutes ces expériences sensorielles sont proposées avec ce profond respect du développement de l’enfant.

Le Dr Nelson Francisco Annunciato, neuro-anatomiste brésilien, fit le lien entre ces notions de maturation neurologique, de neuroplasticité et la récapitulation du développement psychomoteur utilisée dans la méthode Padovan. Il décrivit comment, partant de l’horizontale du berceau et allant vers la verticale de la marche, en passant par le « rouler », « ramper », « marcher à 4 pattes », l’enfant mature son système nerveux en partant des circuits les plus inconscients (moëlle épinière, cervelet) pour aller jusqu’au cortex qui permet la pensée consciente.

En proposant une récapitulation des mouvements du début de la vie, nous stimulons le système nerveux avant la difficulté repérée (dyslexie, instabilité comportementale, hyperactivité ou hypotonie, etc…). De ce fait, nous avons plus de chance de « balayer » la zone où l’étape de maturation a été lésée ou non stimulée. Ce qui entraîne une amélioration globale de tout l’être.

« Plus on suivra ce que nous enseigne la nature humaine et moins nous aurons de risque de nous tromper » (B.A.E.Padovan).

Mme Padovan ainsi que sa fille Sonia Padovan (médecin spécialisée en psychiatrie infantile et en neuropsychologie) forment des praticiens depuis de nombreuses années au Brésil et dans la plupart des pays d’Europe, au Québec cette formation est dispensée depuis 1997.

Aujourd’hui, la méthode est enseignée au niveau universitaire comme spécialisation en orthophonie et sanctionnée par un diplôme du Ministère de l’Éducation du Brésil au terme d’un cycle de 2 ans. En Autriche, l’Ordre des orthophonistes a officiellement reconnu la Méthode et l’Allemagne est sur le point de le faire.

Des recherches ayant pour objet la méthode de Réorganisation Neuro-fonctionnelle sont actuellement en cours par Unicef-Brésil avec des enfants atteints de paralysie cérébrale. Au Québec, des expérimentations sérieuses ont lieu avec différentes populations d’enfants évoluant dans un milieu scolaire adapté.

 

La méthode

En résumé, la Réorganisation Neuro-fonctionnelle est une approche thérapeutique qui s’appuie sur le concept de l’organisation neurologique. Ce concept est important car pour prétendre  »réorganiser » le système nerveux central, il faut bien connaitre son processus de maturation.

La méthode respecte donc la séquence du développement humain (ontogénèse) puisque cette séquence neuro-évolutive est  »revisitée » à chaque séance de thérapie. Elle stimule de manière naturelle et physiologique le potentiel génétique du système nerveux central, ce qui contribue à le rendre plus efficient et mieux organisé afin de prévenir ou de combler ses failles. Le principe est simple mais reconnu efficace puisque la répétition, le rythme et la régularité des mouvements ont pour effet de stimuler le phénomène de plasticité neurale.

 

Ses objectifs

 

Le but d’une séance de Réorganisation Neuro-fonctionnelle est de récapituler les phases du développement neurologique normal qui mènent à l’acquisition de la verticalité et à une dominance corticale hémisphérique.

La séance comporte donc une séquence précise de mouvements corporels (patron homolatéral, patron croisé, roulé, rampé homolatéral, rampé croisé, marche à 4 pattes, accroupi, marche croisée, culbutes, …) des mouvements des mains et des yeux ainsi que de la bouche.

Les bienfaits de ces exercices sont dépendants de 3 facteurs : le rythme, la répétition et la régularité.

Le rythme : Chaque mouvement est exécuté à la cadence d’un poème rythmé qui a pour but, outre la stimulation de l’audition (et donc de la parole), de stimuler les 2 hémisphères cérébraux simultanément. D’ailleurs le rythme et l’expression verbale font partie intégrante des jeux corporels d’enfants (il suffit d’observer une cour d’école à la récréation !)

La répétition : La neurologie moderne a démontré que la formation des réseaux synaptiques (qui relient les neurones entre eux) est dépendante, en partie, de la répétition des stimulations. Il suffit de changer de numéro de téléphone pour se rendre compte du nombre de fois qu’il est nécessaire de le répéter avant de s’en souvenir spontanément et à long terme. Même chose dans l’apprentissage des sports ou des jeux d’adresses.

La régularité : Il est évident qu’une ou deux séances de la méthode ne sont pas suffisantes pour  »réorganiser » le fonctionnement du système nerveux central. Il est donc nécessaire de répéter les séances et de les espacer à intervalles régulières. Cette constance permet d’obtenir des résultats thérapeutiques qui perdurent remarquablement dans le temps.

Les séances de thérapie durent environ 45 minutes. Leur fréquence est généralement de 2 fois par semaine et la durée totale de la thérapie varie grandement selon le patient et selon la problématique à traiter. Même s’il est difficile de prédire le temps que durera une thérapie, il est utopique de s’attendre à des améliorations majeures et durables avant plusieurs dizaines de séances. Ceci n’exclut pas le fait que durant cette période, il est très fréquent de noter des améliorations significatives à de multiples niveaux chez les patients.

La Réorganisation Neuro-Fonctionnelle travaille sur les pré-requis de l’évolution de l’individu (ontogénèse). Elle donne une base corporelle juste et une structure aux étapes du développement, facilitant ainsi un meilleur ancrage pour toutes les acquisitions, les apprentissages et les activités quotidiennes de la vie.

 

Elle favorise :

La maturation du système nerveux dans les troubles du développement d’ordre sensorimoteur, psychoaffectif, les troubles du comportement et difficultés d’apprentissage.

Une stimulation de nouvelles voies neuronales et des aires associatives dans les cas de lésions accidentelles du système nerveux central. Elle est une application directe de la neuroplasticité.

 

« Certains types de neurones continuent à être produits tout au long de la vie chez toutes les espèces de mammifères étudiées, y compris l’homme. L’existence de cette neurogénèse (la production de nouveaux neurones) pourrait modifier les théories du fonctionnement cérébral… »

Heather Cameron, USA. La Recherche n°329, mars 2000

Ses principes

La Réorganisation Neuro-Fonctionnelle propose tout d’abord une séquence d’exercices qui récapitulent la genèse des premiers mouvements conduisant l’enfant de la position horizontale à la posture verticale, puis des exercices qui récapitulent le développement des mains, des yeux et des fonctions neurovégétatives (nutrition, respiration).

Chaque exercice est accompagné d’un poème récité par le thérapeute afin de prendre soin simultanément du rythme, de l’attention, de l’audition, de l’imagination et de la synchronisation des mouvements.

Pour favoriser une meilleure stimulation du système nerveux, plusieurs séances par semaine sont souhaitables.

En proposant une récapitulation des mouvements du début de la vie, nous stimulons le système nerveux avant la difficulté repérée (dyslexie, instabilité comportementale, hyperactivité ou hypotonie, etc.). De ce fait, nous avons plus de chance de ‘balayer’ la zone où l’étape de maturation a été lésée ou non stimulée. Ce qui entraîne une amélioration globale de tout l’être.

 

Champs d’application

La Réorganisation Neuro-fonctionnelle est particulièrement indiquée pour les problématiques avec une composante neurologique. L’éventail des personnes pouvant bénéficier de la Méthode peut paraître vaste mais il ne faut pas oublier que les indices neurologiques se manifestent de différentes façons.

Ainsi, les problèmes de langage (dyslalies), la dyslexie, la dysphasie, la dyspraxie, les troubles de l’apprentissage, le trouble déficitaire de l’attention (avec ou sans hyperactivité), l’autisme, la paralysie cérébrale (IMOC) ainsi que d’autres formes d’immaturité neurologique sont des exemples de troubles ayant un point en commun, c’est-à-dire : une problématique de l’organisation ou du développement du système nerveux central.

La méthode est également bénéfique pour les personnes qui souffrent de maladies dégénératives du système nerveux (Parkinson), de troubles d’origine centrale, des suites d’un accident cérébral vasculaire, ou encore pour les personnes avec séquelles d’accidents traumatiques crâniens.

Au Brésil, la thérapie est également pratiquée dans certains hôpitaux par des thérapeutes spécialisés qui appliquent quotidiennement la méthode sur des patients dits  »lourds » (coma et autres états végétatifs).

Selon Edward B. Le Winn : «Le potentiel d’un organisme  »normal » ne peut être mesuré. Le potentiel résiduel d’une personne avec un »cerveau blessé » n’est pas mesurable non plus, mais il est ignoré et sous-estimé».

 

Chez l’enfant

Du fait que la méthode stimule l’organisme depuis les mouvements les plus archaïques en favorisant la maturation du système nerveux, elle a un champ d’application très large.

Elle s’applique à tous les retards de développement (moteurs, psychiques, linguistiques…), aux troubles neurologiques liés aux traumatismes de naissance ou postérieurs, aux difficultés d’apprentissage (dyslexie…), aux problèmes temporaux-spatiaux (latéralisation), aux troubles du comportement, aux Troubles Déficitaires de l’Attention // hyperactivité (THADA), à l’autisme…

 

Chez l’adulte

Son action sur la neuro-plasticité va favoriser les reconnections après les traumatismes (accidents de la route, AVC…), fournir une amélioration de la conscience corporelle, apporter un mieux-être chez les adultes en quête de développement personnel.

Elle est un bon accompagnement pour les personnes atteintes de maladies dégénératives.

Les sites internet :

– Association Québécoise pour la Méthode Padovan Cliquez ici
– Synchronicité , l’association des praticiens de la Méthode Padovan de France, Belgique et Suisse Romande Cliquez ici

Où se former :

– CARREL
7 Rue Pierre Robin
69007 LYON
Tel : 04.78.72.16.66
Mail

Il est important de savoir que lors de cette formation (qui comporte 4 modules) ce sont Mesdames Padovan (mère et fille) qui animent les modules.